Campagne Solitude 2009 : 3 questions à Bruno Dardelet, Président National
Q : C’est la 5e édition de la Campagne Solitude menée par la Société de Saint de Paul. Une nouvelle campagne pour quoi faire ?
B.D : La solitude est le point de convergence de toutes les pauvretés rencontrées dans notre pays. Nous le constatons, ceux qui souffrent se sentent rejetés, seuls. Plus que jamais, il faut dire et redire que la solitude n’est pas une fatalité. Nous pouvons la combattre. Avec les mots, mais surtout avec les gestes du cÅ“ur.
Dès l’origine, ça fait cinq ans maintenant, nous avons inscrit notre « campagne nationale » au moment de la Pentecôte t. C’est un temps qui va bien à notre action que nous confions à l’Esprit. De plus, à la veille de l’été, les solitudes se font plus fortes encore avec les départs en vacances. Cette date nous va bien pour rappeler aussi qu’il est important de garder contact avec les personnes que nous soutenons durant la période estivale. Il n’y a pas de vacance pour les pauvretés.
Q : Comment combattre la solitude ? N’est-ce pas utopique de se lancer dans un tel combat ?
B.D. : Non, c’est même très simple. Depuis plus de 175 ans, la Société de Saint-Vincent-de-Paul agit avec le même fondement : visiter, accueillir, accompagner.
Visiter les personnes chez elles, c’est briser la barrière la plus forte de la solitude : celles des murs de nos maisons et parfois de nos coeurs. C’est également créer une relation avec la personne, qui nous ouvre ses portes. Ce que nous appelons la « charité de proximité ».
Accueillir dans nos permanences pour poursuivre le lien avec la personne. Permettre un déplacement peut être positif pour elle. Elle est invitée à quitter son isolement. Elle sait qu’elle peut trouver chez les bénévoles une écoute, un soutien et du réconfort. Et ce, tout en préservant son intimité.
Accompagner sur le long terme est un devoir pour nous. Nous voulons bâtir une relation pérenne avec les personnes que nous rencontrons dans nos missions. Car c’est sur le long terme que les difficultés rencontrées peuvent s’estomper.
Q : Que met en avant la Campagne solitude 2009 ?
B.D. : L’espérance ! Sans espérance, l’homme ne peut vivre. C’est elle le moteur, l’énergie de nos vies. C’est elle qui permet de travailler à un avenir meilleur. Et le rappeler en ces temps de crise n’est pas anodin. Plus que jamais, les personnes en difficulté ont besoin d’espérer.
Cette campagne met également en avant le rôle des bénévoles de la Société de Saint-Vincent-de-Paul : « Aimer, partager, servir ». C’est notre devise, dans laquelle, depuis l’origine, s’inscrivent toutes nos actions.
Enfin, le second axe de la campagne 2009 propose une illustration de la solitude originale et un eu décalée. Elle invite à un nouveau regard sur la solitude, qui ne refuse le misérabiliste. Ce misérabilisme qui, dans le fond n’est pas conforme à notre engagement chrétien.
La « Campagne Solitude 2009 » fait donc le choix d’inscrire les actions de la Société de Saint-Vincent-de-Paul dans une démarche positive. Dans l’Espérance. Car c’est aujourd’hui que nous voulons apporter l’Espérance.
