Vers une Europe vieillissante
L’accompagnement des personnes âgées est l’une des activités principales de la Société de Saint-Vincent-de-Paul. En 2007, ses bénévoles ont visité plus de 17 000 personnes âgées. Si l’on en croit les projections démographiques des Nations unies et de l’OCDE, cette activité de soutien des aînés ne va cesser de croître ces prochaines années. Analyse.
La population européenne diminue et, en parallèle, ne cesse de vieillir. L’office européen des statistiques Eurostat annonce qu’en 2060, un tiers de la population de l’Europe aura plus de 60 ans. Et selon les Nations Unies, au mieux 24,5 % des européens auront moins de 18 ans en 2050*.
Ce vieillissement accentué s’explique notamment par une baisse de la fécondité, des soldes migratoires négatifs et une mortalité précoce. « Les gains d’espérance de vie ont été beaucoup plus faibles en Europe centrale et orientale qu’à l’Ouest », note Jean-Paul Sardon, démographe à l’INED. Depuis 1970, un Polonais a gagné 4 ans d’espérance de vie, un Hongrois trois, un Lituanien en a perdu deux, tandis qu’un français en a gagné neuf.
L’Institut berlinois pour la population et le développement indique, dans son rapport du 21 août, qu’une éventuelle adhésion de la Turquie à l’UE pourrait éviter le recul démographique de l’Europe. En effet, peuplée de 75 millions d’habitants, la Turquie serait alors le deuxième plus grand pays de l’Union derrière l’Allemagne.
M. Sardon conclut : « La migration va être un facteur important de l’évolution des populations en Europe. Mais si ce facteur peut contrecarrer le recul de la population et le déficit de main-d’Å“uvre, il n’a qu’un impact marginal sur le vieillissement. »
* Source : Le Monde, 2 septembre 2008.
