La spiritualité
Frédéric OZANAM n'a jamais écrit pour laisser une quelconque trace de lui à la postérité ; seule celle de Dieu lui importait.
Il s'est adressé aux hommes de son temps, pour la société de son temps. De même Frédéric n'a jamais vraiment eu le souci de transmettre aux générations futures un enseignement religieux ou social, encore moins moral ou théologique.
Être un maître entouré de disciples n'a sans doute jamais effleuré son esprit, et l'idée seule lui aurait probablement fait horreur.
Et pourtant nous l'avons vu, il était de la race des prophètes - de ceux qui annoncent Dieu et décryptent ses desseins - et des visionnaires, qui entrevoient longtemps à l'avance les évolutions majeures de la société.
Le message de lui qui est parvenu jusqu'à nous a traversé le temps parce qu'il est simple et universel : il faut aimer son prochain et vouloir son bonheur ; et aussi parce que chaque verre d'eau tendu à un pauvre soulage un peu Jésus de ses souffrances et le fait descendre un peu plus d'une croix où il est toujours cloué. C'est pour cela que la charité n'est pas facultative mais obligatoire aux chrétiens.
Tous les enseignements tirés de la vie d'OZANAM sont des déclinaisons de cet Amour pour Dieu et l'humanité : fidélité aux siens, à ses amis et à ses idées, confiance en Dieu et aux hommes (particulièrement aux plus petits), courage de s'engager et de lutter pour certaines valeurs, mais tolérance et respect pour ceux qui pensent différemment.
En fait, plus qu'un message c'est d'un héritage qu'il s'agit et pas seulement celui de la seule société de Saint Vincent de Paul.
Nous avons en héritage de croire indéfectiblement au monde meilleur annoncé par le CHRIST et de nous battre jusqu'au martyre (" être martyr, écrivait-il, c'est donner au ciel ce qu'on a reçu : son or, son sang, son âme ") pour défendre les valeurs de l'Évangile (justice, liberté, charité, égalité des hommes devant Dieu, priorité aux pauvres) afin de construire ce monde, ou plus exactement afin de participer avec Dieu à l'achèvement de son œuvre et à l'avènement de la Bonne Nouvelle.
Frédéric nous dit par là que nous avons tous vocation à la sainteté, ou plutôt, que nous avons tous obligation à la sainteté.
