Document Actions

Soeur ROSALIE

Fille de la Charité depuis 1802, supérieure de la maison de la rue de l'Épée-des-Bois depuis 1815, Sœur Rosalie Rendu, au moment de la réunion, autour d'Emmanuel Bailly, de la Conférence de Charité qui deviendra la Société de Saint-Vincent de Paul, est la providence du quartier Mouffetard et du faubourg Saint-Marcel dont la misère est devenue un lieu commun dans le Paris de Louis-Philippe où, pourtant, la pauvreté est partout.

La terrible épidémie de choléra de 1832 qui a ravagé ces quartiers, a fait d'elle l'un des personnages les plus représentatifs de la charité chrétienne, attentive mais jamais possessive.

Son célèbre " parloir " lui permet d'exercer un véritable " ministère de la charité ". Les visiteurs sont chaque jour, plus nombreux : le prêtre en quête d'un conseil y côtoie le vagabond à la recherche d'un secours ; l'évêque s'y rencontre avec le chiffonier ; la Maréchale de France y croise la marchande de quatre saisons. Charles X, la Reine Amélie, le Général Cavaignac, Napoléon III, l'impératrice Eugénie fréquentent sa permanence.

Tout naturellement, c'est vers elle que se tournent les premiers membres de la Conférence de Saint-Vincent de Paul, novices en matière d'aide aux pauvres, aux ouvriers, aux malades.

Elle est pour eux une pédagogue d'autant plus efficace qu'elle-même, fille de " Monsieur Vincent ", est imprégnée de l'esprit du fondateur de sa congrégation. Elle leur désigne les familles à visiter, leur fournit, du moins au début, quelque argent et des bons de pain, leur prodigue, sans exhortation ni prédication, des conseils pratiques et concrets.

On pourra affirmer que l'influence de Sœur Rosalie a été déterminante dans le développement de la vocation spirituelle, charitable et sociale de la petite Société naissante dont elle peut être considérée comme cofondatrice et pionnière.